RETOUR LA « DANSE LIBRE » : ACTUALITE DE MALKOVSKY


Vous pouvez copier et imprimer la brochure correspondant à cette page (extension pdf) :
Pour y accéder, cliquez ci-dessous et pour en sortir, cliquer sur " Précédente »
Brochure (Noir et Blanc) " ACTUALITE DE MALKOVSKY »


INTRODUCTION


     Je tiens à remercier Marguerite Apprill-Fehlmann grâce à qui j’ai pu approcher ce
personnage assez fascinant...  Son enseignement, les données  historiques qu’elle a eu
l’amabilité de me  confier, surtout  son amitié, ont été les éléments déterminants qui
m’ont poussé à réaliser ce modeste travail.                                           

     Je remercie très sincèrement Dany  Kapp, elle aussi ancienne élève de  Malkovsky,
qui s’est intéressée  à mon travail, en a  discuté avec moi et m’a  donné des conseils
qui m’ont été très précieux.                                                          

     Enfin, je remercie Amanda  Biot  qui m’a gratifié de deux  aquarelles  originales
réalisées à l’intention  de ce travail et qui a, une fois de plus, accepté de jouer ce
rôle ingrat du correcteur.                                                            






     François Malkovsky ? Bien  sûr, personne – ou presque – ne  connaît.  Alors,
ceux qui sont au  courant, pour tenter d’éveiller quelque intérêt  dans cet océan
d’indifférence,  parleront d’abord  d’Isadora  Duncan. Là non plus  la popularité
n’est plus vraiment au rendez-vous. Si elle n’avait  pas péri de tragique  façon,
étranglée  par sa longue écharpe prise dans  les rayons de la roue de sa torpédo,
il est  à parier que son  souvenir se serait aussi  totalement effacé.  A la même
époque, beaucoup plus  « classiques » et spectaculaires, Diaghilev, Nijinski puis
Serge Lifar  ont laissé des souvenirs plus précis.                               

     Pourtant... Pourtant,  Isadora Duncan restera celle qui a osé enfreindre les
dures lois de la  danse classique, cette  cruelle domestication du corps.  Elle a
initié un retour au mouvement naturel.  D’où cette  qualification de danse libre,
libre par rapport aux canons de la danse classique, libre quant au fonctionnement
du  corps, mais pas sans  motivation quant à sa  signification et son expression.
C’est une sorte de révolution, d’ailleurs mal perçue, au début du XXème siècle et
c’est à ce moment-là que François Malkovsky arrive en France.                    

     Les pages qui  suivent n’ont pas la prétention  d’élaborer une biographie de
Malkovsky,  ni d’être un recueil de ses archives, hélas manifestement impossibles
à réunir, ni et surtout pas, une étude technique de son enseignement. Plus modes-
tement, reprenant ce qu’apparemment tous les  « malkovskiens » admettent de bonne
foi, concernant sa vie et ses  manifestations  publiques, nous voudrions éclairer
un peu le  personnage et montrer que son enseignement  fut celui d’un précurseur.
Il met  en jeu des notions  qu’il est essentiel  de méditer encore et surtout au-
jourd’hui.  Nous voudrions  aussi réaffirmer  que les « dons » ne sont pas innés,
tout au plus se cultivent-ils  dans un  cadre  culturel favorable et sont en tout
cas, la plupart du temps, le résultat conjoncturel de situations de multicultura-
lisme. La  différence, c’est la  richesse culturelle, ce qui  fait la consistance
humaine  de  l’individu ;  c’est très  important  à affirmer  dans une période de
repliement  « identitaire »  et  l’on va voir que c’est somme toute bien de cette
diversité qu’il s’agit ici.                                                      

     On a dit de  Malkovsky  que c’était un  « danseur philosophe », ce qui n’est
pas faux, loin de là, mais n’entre pas dans les catégories communément admises et
explique que la notoriété ne soit pas au rendez-vous. Il est toujours très péril-
leux d’avoir raison cinq minutes avant les autres.  On va ici tâcher de cerner au
moins dans ses grands traits ce qui fait l’originalité de ce marginal résolu.    

Retour Haut de Page Retour Début Article





ORIGINES


     Malkovsky  est originaire de  Bohême, né le vingt-deux septembre  mille huit
cent  quatre-vingt neuf  près de  Prague, dans une  famille aisée.  Dernier né de
quatre  enfants,  père magistrat,  mère musicienne.  Son  père l’aurait  initié à
l’observation de la nature et François Malkovsky se disait inspecteur des Eaux et 
Forêts.  Grâce à sa mère  il a appris  le violon très jeune et s’est intéressé de
près au  chant dont  il suit des cours à  Prague.  Sa mère elle-même  chantait et
avait une véritable passion pour Schubert.  Malkovsky, dès son enfance, fréquente
les concerts et l’opéra. Ce tableau idyllique se ternit cependant par la perte de
sa mère à treize ans, puis celle de son père à vingt ans.                        

     Il se rend à  Paris en mille neuf cent dix  pour y suivre des cours de chant
puis y émigre définitivement  en mille neuf cent douze pour fuir  la conscription
sous la bannière  autrichienne.  Il gagne sa vie comme  employé de banque tout en
suivant  des études  musicales.  Il travaille  sa voix sous la  direction de  Mme
d’Estainville, veuve d’officier au cercle de relations très étendu.  Personnalité
remarquablement  droite et  sincère,  voulant aussi  éviter l’internement dans un
camp pour  étrangers,  Malkovsky  s’engage en  mille neuf cent  quatorze  dans la
Légion étrangère. Il est démobilisé en mille neuf cent seize pour raison de santé
(rhumatismes articulaires).  Profondément  marqué, ayant toutefois  « gagné »  la
nationalité  française,  il se remet  à ses études  musicales.  Mme d’Estainville
ayant perdu son fils unique  dans cette guerre, l’accueille avec d’autant plus de
sollicitude, un peu comme le frère cadet de son cher disparu.  Ce contexte expli-
que probablement l’aisance avec laquelle  Malkovsky peut entrer en contact un peu
avec tout ce qui « compte » dans Paris à ce moment-là. Rodin et Bourdelle ont été
très bien accueillis à  Prague, y ont  exposé et noué des relations amicales. Les
trois  auront  probablement  eu  des  choses  à  échanger...  Mais aussi  Cortot,
Stravinsky, qui admirait lui aussi Isadora Duncan, et bien d’autres.  Il est éga-
lement remarqué par les frères  Jean et Joël Martel (sculpteur et architecte) qui
le prennent comme modèle pour l’étude du monument à la mémoire de Claude  Debussy
qu’ils érigent à  Paris, boulevard Lannes, en  mille neuf cent trente deux. Et, à
la recherche d’une  activité physique  lui permettant de lutter contre ses rhuma-
tismes, il rencontre Raymond Duncan.                                             

     Bien que, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer à posteriori, Malkovsky
n’ait jamais été proche d’Isadora Duncan, il travaille donc un certain temps avec
son  frère aîné, Raymond.  Ce dernier, qui n’est pas danseur, fait  manifestement
partie de ces gens qui n’ont pas de soucis quotidiens, qui se laissent volontiers
emporter  par une passion  dévorante : le marginal  de la marge que  la curiosité
entraîne sur des  chemins ignorés du commun des mortels.  Duncan fait un long sé-
jour  « initiatique »  sur les traces  de la  Grèce antique,  puis se livre à une
étude  ethnologique assez approfondie à travers les  Amériques, sur les traces de
cultures disparues ou en voie d’extinction.  Enfin il ouvre à Paris en mille neuf
cent onze un Institut privé, l’ « Akademia Raymond Duncan »  qui propose une gym-
nastique faite de « la synthèse des mouvements du travail humain », mais qui pro-
pose aussi un enseignement dans les domaines des Arts, de l’Artisanat, de la Phi-
losophie, de la Danse et de la Musique grecques et  même une initiation aux reli-
gions asiatiques.                                                                

     Il n’est pas ici question  d’étudier l’œuvre de Raymond Duncan, mais il sem-
ble très important de savoir que Malkovsky a travaillé un certain temps avec lui,
allant même  jusqu’à assurer des cours à  l’Akademia.  Ce qui le pousse à prendre
son indépendance  et s’installer à son compte en  mille neuf cent trente deux. Ce
passionné  de pureté, de  « vérité », naturiste1, poète, chanteur et danseur aura
forcément  trouvé là toutes les motivations  l’incitant à creuser son sillon dans
une voie  pour le moins  singulière. Il s’attache à concilier dans un tout harmo-
nieux la Vérité, la Connaissance, la Joie et à exprimer tout cela dans sa danse !
                                                                                 
                                                                                 
1  Quant à la valeur humaine du  naturisme, on lira avec profit l’excellente con-
clusion (pp. 122-123) de  Marc Alain Descamps dans son livre « Histoire de Monta-
livet et des naturistes du Médoc », éditions Publimag, 2005.



Amanda BIOT, Aquarelle originale, droits réservés


Retour Haut de Page Retour Début Article





LE DANSEUR


     On a pris l’habitude  d’associer le nom de  Malkovsky au concept quelque peu
imprécis de  « danse libre ». Si la danse libre, au moment où la dénomination est
apparue, avait avec  Isadora Duncan une signification forte, c’était tout de même
par opposition résolue au  carcan de la danse classique.  Les incompatibilités se
sont depuis bien émoussées car ce qui était objet de recherche au début du  XXème
siècle  est plus commun maintenant,  même si les  évolutions se sont précipitées,
télescopées, et si on  en arrive  aujourd’hui à quelquefois  considérer  certains
spectacles  de danse  comme des  démonstration de  gymnastique  de compétition...
Malkovsky  ne se retrouverait  pas du  tout là-dedans.  Des discussions  ont lieu
périodiquement pour essayer  de caractériser de façon plus précise cette  « Danse
de Malkovsky », ce qui  prouve qu’elle est  encore loin d’avoir fait universelle-
ment école.  Cela ne nous paraît pas étonnant, puisqu’on ne peut en ce cas parler
de danse sans parler philosophie...  Mais on imagine tout de suite que l’abord de
cette pensée n’est pas immédiat et demande une certaine réflexion.               

     Malkovsky  n’a jamais  conservé soigneusement les traces des représentations
qu’il a  pu donner sur  scène.  Il a, paraît-il, été remarqué  « en province » et
même en  Afrique du Nord  (peu importe où, puisque ce n’est pas à Paris...). Dans
les années vingt, on a les traces de quelques  récitals  parisiens au  Théâtre du
Colisée et, plus précisément en mille neuf cent vingt-trois aux « Vendredis de la
Danse » à la  Comédie des  Champs Elysées. On connaît le programme de l’un de ces
récitals (non daté) qui annonce entre autres :  « Poème chorégraphique dansé dans
le silence ».  Voilà qui montre assez clairement le  parti pris de l’auteur, hors
de toute convention.  Malkovsky  se sera produit  assez  épisodiquement sur scène
jusque dans le milieu des années mille neuf cent cinquante.                      

     Ce qui a le plus compté pour lui, c’est sa recherche et son enseignement. Il
faut être clair : Malkovsky était sans doute trop intransigeant et trop hors nor-
me pour pouvoir envisager de faire une carrière de danseur étoile mais il fallait
bien gagner sa vie.  L’enseignement était tout indiqué pour lui permettre de sub-
sister et de progresser dans la voie qu’il s’était tracée.  Son enseigne, à l’en-
trée de son  studio au quarante et un du boulevard  Berthier à Paris, annonçait :
« Sports - Art - Beauté - Rythme - Danse »  ce qui permet de craindre que dans le
nombre de ses  élèves, bien peu  sans doute aient  compris au fond de quoi il re-
tournait.  On a eu souvent l’occasion d’entendre  répéter certaines de ses remar-
ques, comme : « C’est pas mal mes enfants, mais il manque l’essentiel » !  Car il
n’a jamais renoncé à transmettre son message, philosophique  autant que gymnique.
Il a entre autres dépensé  beaucoup d’énergie à animer des stages  plus spéciali-
sés, notamment  pour répondre à  la demande d’animatrices d’écoles maternelles, à
partir du travail de diffusion initié par  Marguerite  Apprill-Fehlmann à  Stras-
bourg.  Le travail avec les enfants est intéressant  dans la mesure où il peut se
faire avant que toute spontanéité  soit étouffée par un apprentissage trop norma-
tif...  Marguerite  Apprill-Fehlmann  devint  professeur  d’Education  physique à
l’Université de Strasbourg où, dans le cadre des options, elle transmit un ensei-
gnement suivant les principes de Malkovsky.                                      

Retour Haut de Page Retour Début Article





LES PRINCIPES


     D’une part, l’individu est un tout.  Son corps, son « physique », est indis-
sociable de son être, son « esprit ». Voilà une chose maintenant parfaitement ad-
mise, même si la médecine  occidentale moderne a tendance à considérer l’être hu-
main un peu  comme une voiture,  un ensemble  de pièces  détachées éventuellement
remplaçables.  La médecine  psychosomatique est tout de même reconnue, et même la
médecine chinoise...  bien que cette dernière soit loin d’obtenir droit de cité !
Pourtant les  possibilités de  chacune sont si  souvent complémentaires de celles
des autres : pourquoi se  priver d’un  enrichissement global  au nom d’on ne sait
quel Ordre des Médecins ? On se contentera de voir quelles situations de malaise,
quels troubles  graves de la santé,  peuvent provoquer les  contraintes de la vie
« moderne » pour être convaincu de la nécessité d’une recherche individuelle d’un
équilibre physique et psychique. Cela est à la base du raisonnement de Malkovsky,
qui n’a rien inventé dans ce domaine mais  qui a su capter  l’essence de connais-
sances qui n’étaient encore que le fait d’initiés.                               

     D’autre  part, il faut examiner  de près ce qui construit  l’intelligence de
l’Homme.  Cet être, corps et esprit, est partie  intégrante de la Nature.  Ce qui
fut très longtemps une  évidence peut sembler  étrange aujourd’hui à certains qui
se laisseraient volontiers leurrer par la  virtualité envahissante d’une  « vie »
qu’on leur présente,  monnaie à l’appui, comme la seule valant  d’être vécue. Or,
les mythes, les contes,  tentant de lier le destin humain aux forces incontrôlées
de la Nature, sont plus vieux que notre Humanité même. En effet, on parle mainte-
nant, avec de plus en plus de  preuves  scientifiques, d’une  origine des  mythes
chez la  première race humaine,  l’Homo néandertalensis, qui  subsista sur  Terre
quelque trois cent mille ans, dont environ une  centaine de mille au voisinage de
l’Homo sapiens.                                                                  

     Depuis que les hommes  existent sur  terre leurs peurs, angoisses, incompré-
hensions  face à cette  puissance redoutable de la  Nature hante les esprits.  La
seule façon d’essayer d’expliquer le monde et de se rassurer, c’est de s’inventer
des mythes, des contes. Ce qu’on croit  comprendre et qu’on comprend  imparfaite-
ment passe aisément dans le domaine du merveilleux pur, du divin.  Dans nos civi-
lisations  occidentales,  l’apogée du  divin a  probablement  été la  foisonnante
mythologie  grecque.  Mais est arrivée l’ère du  monothéisme réducteur, sectaire,
mortifère, organisé selon des critères de pouvoir  prépondérants et beaucoup plus
rationnellement organisés.                                                       

     Les fondements  des civilisations  de  l’Humanité, les mythes, perdurent des
millénaires et, même  complètement infirmés par  l’avancée des connaissances, ils
demeurent en latence, toujours prêts  à ressurgir dans une  culture ou une autre,
faisant preuve d’une  rémanence quasiment non mesurable.  Etre sensible à cet as-
pect  ténu des choses  c’est être  sensible aux  vibrations les  plus subtiles de
l’Univers, à « la musique des sphères », à l’aspect médiumnique de la  nature hu-
maine. C’est en tout cas être  réceptif à ce  non dit, non expliqué,  qui hantera
encore longtemps nos nuits d’insomnie.                                           

     Dans ce cadre, il est bien  possible de parler  de choses qui échappent à la
pure logique scientifique, des dieux, sans pour autant renier un indéfectible dé-
vouement au service des  hommes, sans pour autant se ranger derrière  la bannière
d’un chef suprême...  C’est, croyons-nous, l’attitude de  Malkovsky  qui a incité
ses élèves  à lire par exemple une  œuvre qui a marqué  la fin du XIXème siècle :
« Les grands initiés : Rama, Krishna, Hermès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon et
Jésus »  d’Edouard Schuré.  C’est, nous semble-t-il, une preuve  suffisante de la
façon générique qu’il avait d’aborder, de côtoyer, la question de la religion.   

     Curieux insatiable,  Malkovsky  a lu un certain nombre d’auteurs qui ont im-
porté en  Occident avec  plus ou moins  de bonheur  des données  de  philosophies
orientales, Karlfried Graf Durkheim par exemple, dont il a su cerner l’intérêt et
en nourrir positivement sa réflexion.                                            

     Dans tout cela, il  recherchait le vrai, le juste, le sincère.  Il a écrit : 
« La plus grande élégance est la plus grande simplicité ».





Retour Haut de Page Retour Début Article





LES ECRITS


     Malkovsky n’a jamais prétendu rédiger une somme de ses connaissances, préfé-
rant manifestement transmettre son savoir directement par un  enseignement global
destiné à l’être humain. Il était conscient de toucher à des domaines encore trop
méconnus sinon niés par la société et  répétait à l’occasion qu’il était impossi-
ble de tout dire. Il  aurait en effet  aisément couru le risque de passer pour un
illuminé ou un gourou.                                                           

     Il nous  a cependant  laissé des textes de conférences, des  articles écrits
pour des revues, la plupart naturistes, ou des  entrevues rapportées par ceux qui
les ont recueillies.  Il n’aimait pas se retrouver dans des situations de donneur
de leçons ni se proposer en exemple.                                             

     On dispose  de quelques  écrits très  instructifs,  comme par  exemple cette
« Etude  sur le  mouvement naturel »  en partie reprise par  Fernand  Divoire, en 
mille neuf cent vingt-quatre, dans son livre « Découvertes sur la danse », et re-
produite ci-dessous.                                                             

     « [...] Plus l’homme devient capable de remplir sa mission,  plus il se rap-
proche de l’homme idéal, que nous, tels que nous sommes, pouvons considérer comme
un demi-dieu.                                                                    

     « Les mouvements de l’univers  (des mondes comme des atomes) suivent certai-
nes lois ; l’homme a aussi des mouvements dont il a tout intérêt à suivre l’exac-
titude pour son  équilibre physique et moral.  L’homme moderne, voulant éviter la
fatigue des travaux,  c’est à dire  les  mouvements que  la nature lui a imposés,
perd son équilibre, ses facultés, ou bien les diminue...  Aussi voyons-nous rare-
ment un chat ou un  oiseau  mal  fait, gauche, laid,  mais nous  voyons  beaucoup
d’hommes. L’athlète moderne court  souvent vite, et  longtemps  s’il  s’entraîne,
mais ayant  perdu  (et parfois même depuis des générations)  ses mouvements natu-
rels, ses efforts répétés ont pour  lui-même quelque chose  d’abrutissant ; il ne
ressent pas l’émotion du bon mouvement, cette sensation bienfaisante, joyeuse, de
légèreté  physique et morale, de bien-être, semblable à  la sensation de l’action
juste et sage accomplie, qui nous donne une force, une satisfaction, une confian-
ce saine en nous-même, et de l’équilibre, de l’harmonie.                         

     « Le mouvement  humain existe depuis toujours.  Comparez certains mouvements
d’un ouvrier très habile  avec ceux des  figures archaïques ; vous  trouverez une
parenté indiscutable.  Voici un montagnard  qui fait des mouvements ressemblant à
ceux d’une  fresque de vase  grec.  Cet ouvrier et ce montagnard ont trouvé leurs
mouvements harmonieux en en cherchant l’économie.                                

     « Il y a dans les bons mouvements humains une base exacte, une  parenté très
proche de celle des autres animaux. Plus je sens ma démarche économique, plus j’y
discerne le mouvement des quadrupèdes, mes mains marquent le rythme de leurs pat-
tes de devant. Chaque bon mouvement a son  rythme extérieur et intérieur exact et
rappelle le plus souvent celui  du balancier,  ce qui est  compréhensible si nous
voulons vraiment exploiter la  pesanteur du corps pour économiser l’énergie. Nous
discernons nettement ce mouvement du balancier combiné avec celui de la roue dans
le mouvement du tigre, du  chat, de la  buse qui vole. Il n’a  absolument rien de
commun avec le pseudo  rythme des pas  cadencés par lesquels on prétend enseigner
le rythme.                                                                       

     « En cherchant l’économie du mouvement, nous nous apercevons que le bon mou-
vement est toujours continu, que les impulsions énergétiques sont suivies ou pré-
cédées des mouvements aux muscles relâchés.                                      

     « La souplesse dépend de l’économie, de la logique, de la musicalité du mou-
vement.                                                                          

     « La gaucherie n’est qu’une cacophonie, une maladie qui se guérit  parfaite-
ment.                                                                            

     « L’élégance est la plus haute simplicité, elle peut s’apprendre.           

     « En jouant, en marchant, en dansant, l’être  entier  doit  pouvoir  vibrer.
Pour s’exprimer librement, le corps doit pouvoir  onduler musicalement.  Pour que
le plus simple des gestes puisse porter, transmettre une pensée, éveiller pleine-
ment dans les sensibilités des spectateurs tel état d’âme, telle émotion, il doit
se libérer des « attaches » qui paralysent ou diminuent  les moyens d’expression.
L’être humain doit devenir une sorte de centre d’où jaillit la lumière. [...] »  

     « Que bien insensé est l’homme qui pleure la perte de sa vie et qui ne pleu-
re point la perte de la jeunesse ! ...  Et la jeunesse c’est l’équilibre des mou-
vements.  Tant que nos mouvements restent jeunes nos vies gardent le rythme de la
jeunesse. [...] »                                                                

     « Pas d’uniformité dans les études : s’il y a une méthode, il y a avant tout
des êtres humains.  La personnalité  de chacun doit être une chose sacrée, car il
en peut  jaillir une étincelle, l’esprit  de création qui va évoluer, qui fera un
jour mieux que nous, qui ira plus loin, plus haut. [...] »                       

     Voila un condensé  intéressant de la pensée de  Malkovsky qui émettait quel-
quefois des  jugements abrupts, sans équivoque, tels  les extraits  ci-dessous de
« Par l’harmonie des mouvements vers la danse ».                                 

     « Par leur  hâte de vivre ils  oublient la raison de la vie.  Tel est le cas
des  danseurs, dont le  but  n’est que  de  plaire, charmer,  étonner,  rehausser
l’éclat de leurs petites personnalités. Dès leur enfance on a décidé de leur fai-
re apprendre le  métier de danseur.  Les mouvements de pantin, répétés pendant de
longues années dans les salles basses ont formé leurs corps et leurs âmes.       

     « Plus tard  il a fallu  vivre, se produire souvent,  chercher à  satisfaire
tous les goûts, flatter, amuser le public qui paye. Oh le beau, le joyeux, le no-
ble métier de danseur !                                                          

     « Le roi David, lui aussi, était danseur, mais il était d’abord poète et mu-
sicien.  Puis il était possédé par le  Dieu. Je m’imagine que le roi  David était
un vrai danseur,  puisqu’il a pu communier, en dansant, avec le  Dieu et avec les
hommes.                                                                          

     « Si le roi  David revenait danser, plus d’un rirait ! Je vois la grimace de
supériorité évidente des  danseurs de corde :  « Il ne connaît pas son métier, le
naïf ». Il connaîtrait  vite le venin  destiné à ceux qui ne daignent pas  suivre
servilement le courant, qui ne daignent pas vivre sans danger. Il trouverait dif-
ficilement un engagement, car il n’aurait pas une grande valeur  commerciale. Par
le temps qui court on lui préfèrerait, certes, un danseur de corde.              

     « Mais les danseurs  de corde engendrent le mal autour d’eux.  Ils ne savent
point danser la vie : à peine ses vices et son faux clinquant. Ils mentent !     

     « La danse est  cependant un besoin  physique naturel à  l’homme de même que
les rires et les pleurs. »                                                   

     Simples règlements de comptes, pourra-t-on penser, mais dont une citation de
Nietzsche, (« Ainsi parlait Zarathoustra »), recadre l’intérêt fondamental : « On
voit d’après la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’homme qui s’approche
du but ne marche plus, il danse. »  De plus, il faut s’arrêter  sur la pertinence
de la  critique des  « danseurs de corde »  dont le statut ni la créativité n’ont
évolué aujourd’hui, bien au contraire serait-on tenté de dire...                 

Retour Haut de Page Retour Début Article





L'HERITAGE


     Des décennies plus tard, la pensée de  Malkovsky  est loin  d’être dépassée,
même et surtout sur le plan de la  philosophie de  l’Homme.  On peut penser qu’il
est toujours en avance sur ce qui fait « l’air du temps ». Rechercher la plénitu-
de de l’être est une idée qui séduit une frange toujours plus large d’une société
en perte de repères.  Mais la pression  mercantile  destructrice est écrasante et
pour beaucoup de gens la citation de  Nietzsche  ci-dessus risque fort d’apparaî-
tre, selon l’optique occidentale, comme une fantaisie de  derviche tourneur. Tel-
lement de travail reste à faire !  La plénitude de l’être est un état idéal qu’il
est impossible d’atteindre par un chemin tout tracé. Le professeur est là tout au
plus pour le baliser, mais l’élève doit le rechercher au dedans de lui-même. Ceci
explique l’absence de règles édictées comme des principes et la  réticence mainte
fois exprimée de  Malkovsky à se montrer en exemple :  « Ce n’est pas parce qu’un
M. Malkovsky vous dit... Jugez par vous-mêmes ! ».                               

     Sur le plan des  « médias »,  comme on dit  maintenant, il ne nous reste que
des extraits, soit de chorégraphies, soit d’explications, filmés de façon précai-
re. Travail d’amateurs dans le courant des années  soixante dix, c’est d’une piè-
tre qualité technique, les  séquences sont  souvent tronquées, quand ce n’est pas
la caméra  qui oublie  de suivre  le danseur et le  laisse sortir de son champ...
Ces  extraits ont été  précieusement  recueillis par  l’Association des  Amis  de
Malkovsky en trois cassettes vidéo.  Celui qui aborderait ces documents filmés en
espérant voir un beau spectacle  chorégraphique serait  assurément fort déçu.  Un
vieux monsieur en tunique le plus souvent longue explique (mais le son a été per-
du la plupart du temps) et exécute des gestes simples, des mouvements de danse et
de  petites  chorégraphies  sans doute  ridicules pour les  « danseurs de corde »
qu’il a en son temps critiqués.






     Mais pour un regard attentif, quelle  grâce dans les  mouvements, quel natu-
rel, quelle  harmonie, quelle beauté plastique ! Il suffit d’essayer pour se ren-
dre compte rapidement que l’imitation est vaine et que si l’on veut bien se remé-
morer certains principes, certaines balises, on ne peut effectivement que recher-
cher en soi-même la spontanéité, l’unité, le rythme, la respiration qui donneront
cette sensation de plénitude si difficile à atteindre.                           

     Impossible donc de « normaliser » l’enseignement de  Malkovsky. Tout au plus
peut-on se remémorer certaines bases des mouvements,  « mouvements de base », qui
permettent de se  fixer un cadre  d’exercice et de réflexion, hors de tout esprit
d’imitation. Dans ces bases on trouve beaucoup  d’exemples de mouvements naturels
du travail physique juste, efficace, aujourd’hui trop vite perdus  (bûcheron, la-
boureur, semeur...), ainsi que de comportements animaux finement observés (lionne
blessée, vol du goéland...).  Si bien que cela amena certains à imaginer une con-
nivence particulière de Malkovsky avec les animaux ; allons jusqu’au bout : pour-
quoi ne pas le présenter comme un  meneur de loups ou un  imitateur émérite de la
danse des ours ? Restons sur terre...                                            

     On ne se  reconnaît pas ici la compétence  nécessaire pour dresser une liste
complète du répertoire de  Malkovsky, mais on peut cependant citer quelques exem-
ples parmi les plus connus et qui sont encore aujourd’hui des sujets d’étude fré-
quents.  Les musiques qu’il a le plus  utilisées sont, on ne s’en étonnera pas au
regard de ses origines et de son époque, d’inspiration romantique. Il a travaillé
entre autres sur des partitions de  Beethoven, Berlioz, Brahms,  Chopin, Debussy,
Dvorak,  Gluck,  Grieg,  Liszt,  Moussorgski,  Pergolèse,  Rachmaninov, Schubert,
Schumann, Wagner. Les chorégraphies qui nous sont demeurées les plus proches sont
les suivantes :                                                                  

          Le désir (Beethoven)
          Eveiller une pensée au loin (Brahms)
          Pensée constante, en hommage à Isadora Duncan (Brahms)
          Prière sur la tombe d’un ami défunt (Chopin, prélude n° 20)
          La mer (Chopin)
          Mazurka (Chopin, mazurka n° 5)
          Le petit berger (Debussy)
          Humoresque (Dvorak)
          Les pleurs, extrait d’Orphée (Gluck)
          Les ombres heureuses (Gluck)
          Berceuse (Grieg, berceuse Op. 38 n°1)
          Rêve d’amour (Liszt)
          Bydlo (Moussorgski, Tableaux d’une exposition)
          Stabat Mater (Pergolèse)
          Petit secret (Schubert)
          Les Walkyries (Wagner)

     Certains  mouvements  réputés simples  à la base permettent de se concentrer
sur l’étude de  ce qui fait  le fondement de la  dynamique malkovskienne : la re-
cherche du centre des forces motrices (Hara), du centre de gravité,  la recherche
de l’équilibre et de l’économie d’énergie, le contrôle du souffle.               

     En mai mille neuf cent soixante-douze,  Malkovsky a accepté de laisser enre-
gistrer en audio, deux cours. Voici ce qu’il disait en introduction au premier de
ces cours :                                                                      

     « Nous sommes à la recherche du  Hara, centre de  forces motrices.  Il n’est
pas possible  de devenir un  homme entier, un homme  cosmique, sans Hara, sans la
conquête du centre vital, centre de forces motrices. L’important est que corps et
esprit restent à l’unisson avec la  Nature, que le mouvement  soit comme un souf-
fle, dès lors tous les gestes sont une manière de se couler dans un mouvement qui
est comme une respiration ou une musique.                                        

     « Ici, nous cherchons à découvrir la  route qui nous ramène vers nous-mêmes,
pour découvrir justement ce centre des  forces motrices qui anime le mouvement du
corps, mais aussi des choses physiques, mentales, émotionnelles et spirituelles.»

     Pour qui pratique le  Tai-chi Chuan, les similitudes sont  intéressantes. Or
Malkovsky a rencontré le yoga chez Haoutoff, les Arts martiaux, mais certainement
assez tard : leur diffusion en Europe est relativement récente.                  

     Comme pour le  Tai-chi  donc, on dispose  d’un certain nombre de  figures de
base qui  permettent de se  livrer à ce que  Malkovsky  appelait  « la méditation
active ».  Il est inutile de les citer toutes ici, mais chacune  correspond à une
image,  par exemple : main corps main, lasso, pagaies, fil de soie, tirer la cor-
de, oiseau dans la main, goéland, tennis, cueillir la fleur, etc...  S’y ajoutent
des exercices avec balles favorisant la prise de  conscience du mouvement libéré,
de la maîtrise de l’équilibre.  Enfin, on notera tout  spécialement les exercices
d’« enfoncer dans le sol » qui ouvrent la voie à l’étude fondamentale de ce cycle
subtil et  essentiel : accumulation, libération, répit.  On va chercher l’énergie
dans l’appui au sol, on libère cette  énergie et c’est à ce niveau que la produc-
tion de réactions réflexes permet l’économie d’énergie. Au cours d’un déplacement
intervient  souvent  le processus  de reprise  d’appui, prolongation  de la phase
d’accumulation.  Enfin le  répit, sorte de  prolongement au-delà du corps, est un
peu comme le silence en  musique et, comme lui, le  silence musical  s’intègre au
mouvement. Le temps fort musical correspond à la translation du  centre de gravi-
té, à la phase de  libération : « N’écrasez pas les notes » disait  Malkovsky. En
résumé, ces trois  phases : action, réaction, suspension,  s’articulent autour du
rythme et de la respiration.                                                     

     Pour une véritable étude technique et argumentée de ces phénomènes, on pour-
ra  consulter avec  profit la  brochure rédigée par  Marguerite Apprill-Felhmann,
« Danse libre Malkovsky. Physiologie, dynamique » dont nous avons eu l’honneur de
réaliser la maquette. Enfin, pour être un peu plus  « pratique »  et mettre l’ac-
cent sur le travail de la colonne vertébrale  (« qui ondule », disait Malkovsky),
nous nous permettrons de tenter de  décrire l’un des  exercices de prise de cons-
cience par son enchaînement simple... bien que complexe à réussir.               

     Debout, toutes les articulations souples  (surtout aucun blocage !), se pen-
cher légèrement en avant, genoux  légèrement fléchis, de façon que, les bras bal-
lants, les mains  viennent  effleurer les genoux.  On amorce alors un déroulement
progressif de la  colonne  vertébrale de manière à la redresser, action qui prend
son origine dans la mise en œuvre des muscles commandant le déplacement du centre
de gravité. Ceci a  pour effet de faire glisser  les mains le long des cuisses et
il suffit alors de peu  d’énergie pour faire s’écarter les bras.  Une fois la co-
lonne vertébrale redressée, un appui au sol sur l’avant des pieds permet de faire
décoller les talons.  La pression alors exercée sur les points  d’acupuncture que
l’on nomme « fontaine jaillissante »  (la partie de la plante des pieds qui porte
alors le poids du corps) provoque un large inspir. On se retrouve dans une situa-
tion de  déséquilibre aisé à provoquer  (réaction : un pas en avant...)  qui, par
réflexe, facilite grandement  l’élévation des bras au-dessus de la tête.  Il faut
une  certaine  concentration pour  prétendre  réussir  de façon  coordonnée, sans
« volontarisme », sans à-coups ce petit exercice assez facile à décrire...       

     Désirez-vous pratiquer ? 

Retour Haut de Page Retour Début Article





EN CONCLUSION... SI L'ON VEUT !



Amanda BIOT, Aquarelle originale, droits réservés



     L’auteur de ces lignes  ne prétend à aucune  légitimité, aucune  spécialisa-
tion, même pas à une étude assidue, ayant découvert Malkovsky bien trop tard pour
cela.  Ayant éprouvé  un fort intérêt, il a un  certain temps suivi les  cours de
Marguerite Apprill-Felhmann  quand elle professait régulièrement dans le cadre de
l’Association AIR (Attraction, Impulsion, Résonance) à la Maison des Associations
Subilia de La Ciotat, puis il a travaillé avec  Pierre Audier sur l’étude du mou-
vement, dans le même cadre.  Il s’est retrouvé  régulièrement en été dans ce lieu
magique que l’on nomme « Théâtre de verdure » dans le Centre naturiste d’Euronat.
Ce lieu est à plus d’un titre « magique » : à cent mètres de  l’Océan, juste der-
rière la dune, clairière dans les grands pins des Landes, il suscite une énergie,
un bonheur  de vivre  qui ne peuvent  s’expliquer  que par la pratique.  D’autant
qu’il se situe donc  dans un  cadre de vie en harmonie  avec la nature, comme les
affectionnait Malkovsky.                                                         


     Nous aimerions pouvoir faire état de  structures d’enseignement coordonnées,
bien  gérées de  manière à assurer la  transmission la plus efficace  possible du
message du maître.  Force est de constater que nous n’en sommes pas encore là. Il
existe des individualités et des associations  (et en premier lieu  l’Association
des Amis de Malkovsky) qui militent avec conviction, en  France surtout et parti-
culièrement à Paris et en Alsace, dans le sillage du travail réalisé en son temps
par Marguerite Apprill-Felhmann, donc aussi en Allemagne, en Belgique et en Espa-
gne, etc...                                                                      

     On peut rencontrer un certain nombre des anciennes élèves de Malkovsky, tou-
tes animées d’une énergie admirable.  En premier lieu peut-on dire, celle qui est
déjà citée ici à plusieurs reprises, Marguerite Apprill-Felhmann, la plus ancien-
ne et aussi celle que les  circonstances  ont amenée à suivre longtemps des cours
particuliers à Paris et qui aura consacré sa vie à la diffusion du message de son
maître. Grâce  aux rencontres  dans cet  irremplaçable  lieu européen, naturel et
convivial, qu’est Euronat, s’est créée la Fédération de Danse Libre (Fedali).    

     Le message  malkovskien est fondamental  lorsque l’actualité est brutalement
organisée pour détruire l’individu, dans une société qui a plus que jamais besoin
de se souvenir de ce qu’est l’être humain. Malkovsky citait Gandhi : « La machine
a conquis  l’Homme,  l’Homme  est devenu  la machine.  Il fonctionne  mais ne vit
plus. » C’est pourquoi j’ai éprouvé l’impérieux besoin de commettre ce texte per-
sonnel, pour essayer  d’expliquer ce que je  crois avoir compris de  Malkovsky  à
tous ceux à qui j’en parle et qui me répondent  « Malkovsky, c’est quoi ? ». Pour
terminer sur une autre facette  de cet  esprit complet, cet être sur le front du-
quel aucune étiquette ne tiendrait collée, voici un court extrait d’un long texte
poétique dans lequel il donnait sa « recette » pour danser.                      

     « Pour danser [...]                                                         
     « Il faut avoir vu les  vagues de la  marée montante, longues, très longues,
s’avancer, calmes, fascinantes et implacables, pour engloutir tout, nettoyer, ba-
layer le rivage, puis se retirer, par le même mouvement de long, long balancier.»

Retour Haut de Page Retour Début Article